Un homme dans la fin-quarantaine nous consulte pour une douleur à la fesse gauche suite à une référence d’un autre acupuncteur.

Sa douleur a débuté l’hiver précédent après qu’il ait fait une chute en ski de fond. Il est tombé sur les fesses et a eu forte douleur dans le dos qui a duré plusieurs semaines et s’est étendue à la fesse gauche.

Au moment de la consultation, la douleur se situe à la hanche et la fesse gauches et irradie vers les lombes. Cette douleur le dérange la nuit lorsqu’il se retourne dans son lit. Elle est pire le matin au réveil, mais s’estompe lorsqu’il s’active. Elle est également pire s’il reste assis longtemps et il peut avoir des élans de douleur s’il tousse ou rit. Cette douleur qui persiste depuis 6 mois l’empêche de faire de l’activité physique, ce qui lui amène beaucoup de frustration et le rend impatient et irritable.

Quelques traitements d’ostéopathie et de massothérapie n’ont apporté qu’un soulagement négligeable.

Le patient a un historique de sciatalgie récurrente dont un épisode important il y a 7 ans suite à un faux mouvement à l’entraînement. Il s’était alors blessé sérieusement avec une douleur vive, des engourdissements et pertes de sensations à la jambe droite et la perte du réflexe rotulien. Une imagerie par résonance magnétique a révélé une hernie discale au niveau L4-L5. Le neurochirurgien n’a pas voulu l’opérer et le physiatre lui a recommandé des exercices. Sa situation s’est beaucoup améliorée depuis mais il ressent encore un peu d’engourdissement à la jambe droite et ressent régulièrement de la douleur à la fesse droite le matin au lever.

Les autres problèmes de santé de son histoire médicale sont sans conséquence sur la douleur pour laquelle il consulte. À l’examen, ce qui ressort le plus c’est que le patient n’a aucune force à l’abduction (ou ouvrir les jambes) de la hanche gauche. Ce manque de force est typique d’une inhibition du muscle moyen fessier (et potentiellement le petit fessier).

Le muscle moyen fessier est très important non seulement pour l’abduction de la hanche mais également, et surtout, pour la stabilisation du bassin. Lors de la marche ou de la course, lorsque le poids du corps se retrouve sur une seule jambe, le moyen fessier se contracte pour stabiliser le bassin. On peut voir lorsque celui-ci ne fait pas son travail de stabilisation en observant la démarche de Trendelenburg. La vidéo ci-dessous illustre bien ce problème.

Une faiblesse ou inhibition de la contraction du muscle moyen fessier peut être causée par plusieurs facteurs. Notamment rester assis trop longtemps, particulièrement avec les jambes croisées, dormir sur le côté sans coussin entre les genoux (le muscle se retrouve alors trop allongé), une blessure ou des déséquilibres dans les chaînes musculaires. Lorsque le moyen fessier ne fait pas son travail de stabilisation, d’autres muscles devront compenser pour tenter de maintenir la stabilité du bassin. Ceux-ci sont souvent le carré des lombes et le tenseur du fascia lata.
En clinique, on voit souvent une faiblesse du moyen fessier dans les cas de douleurs lombaires et/ou au membre inférieur. Il est donc important de ne pas négliger de vérifier son bon fonctionnement.

Pour en revenir à notre patient, l’abduction résistée de la hanche a révélé que le muscle moyen fessier était très faible. Il était donc essentiel de rétablir sa fonction, et ce fut ma priorité lors de notre premier traitement. Rétablir la fonction d’un muscle inhibé se fait facilement et rapidement avec l’acupuncture. Quelques aiguilles, un peu de stimulation électrique et de tuina ont été suffisants pour retrouver une fonction normale du muscle moyen fessier. Lorsque nous avons testé la force du muscle en abduction résistée à la fin du traitement, la force était normale. Le patient a également rapporté ressentir une amélioration d’environ 80% au niveau de la douleur et facilité de se mouvoir.

Au suivi, une semaine plus tard, le patient disait se sentir très bien. Il a pu marcher beaucoup, se sentant plus solide et plus droit. Il ressentait un peu de pincement au bas du dos et au mollet à gauche, mais disait avoir ressenti une amélioration de plus de 80%. Pour ce deuxième traitement, il a demandé qu’on traite, en plus de sa jambe, ses raideurs et douleurs au cou. Ces tensions et douleurs se trouvaient sur le même méridien (ou chaîne musculaire) que nous avions traité lors du traitement précédent (méridien Zu Shao Yang ou ligne latérale de Thomas Myers), alors c’était tout indiqué de travailler les deux douleurs ensemble. Après ce traitement, le patient ayant atteint plus de 80% d’amélioration de ses symptômes, nous n’avons pas prévu d’autres rencontres. Sachant qu’une fois les blocages levés, le corps continue de s’équilibrer par lui-même, il a été suggéré au patient de prendre rendez-vous si la douleur revenait ou si un autre problème de santé justifiait de nouveaux traitements d’acupuncture.

Cette étude de cas démontre l’importance de bien évaluer la cause de la douleur afin de pouvoir traiter celle-ci adéquatement. Et bien que les résultats ne soient pas toujours aussi rapide et spectaculaires, il est fréquent que des douleurs même intenses et de longue date répondent très rapidement aux traitements d’acupuncture. Une douleur très intense ou ancienne n’est pas nécessairement une douleur qui nécessitera de nombreux traitements.

Si vous voulez prendre rendez-vous pour traiter vos douleurs ou si vous désirez en apprendre davantage sur ce que l’acupuncture peut faire pour vous ou vos proches, contactez nous.