Surgery, the ultimate placebo

Surgery, the ultimate placeboLa chirurgie est une intervention invasive qu’on préfère tous éviter. Dans certains cas, cependant, elle est une intervention nécessaire et efficace, et les risques qui y sont liés sont bien inférieurs aux bénéfices qu’on peut espérer. Est-ce vraiment le cas?

Dans son livre Surgery, The Ultimate Placebo (La chirurgie, l’ultime placebo), le chirurgien Ian Harris se penche sur le réel bénéfice de diverses chirurgies. Selon lui, « Pour de nombreuses plaintes et conditions, le bénéfice réel de la chirurgie est plus faible et les risques sont plus élevés que vous ou votre chirurgien pensez. ». Il y a un manque de preuves scientifiques sur l’efficacité et les dangers potentiels de plusieurs types de chirurgies.
L’auteur ne suggère pas que toutes les chirurgies sont inefficaces ou dangereuses, après tout, il est lui même chirurgien. Il se dit plutôt très sceptique face aux bénéfices qu’on attribue aux chirurgies puisque les données scientifiques montrent souvent que l’efficacité de plusieurs traitements est moindre que ce qu’on aimerait nous faire croire. Et il ne faut pas accuser les chirurgiens de participer à une supercherie. Ils sont bien intentionnés et font ce qu’ils ont appris et qu’ils croient être la meilleure intervention à faire. Cependant, sans preuves scientifiques solides, les chirurgiens continuent de faire ce qui a toujours été fait, ce qu’ils ont appris, ce qu’ils croient être la chose à faire, ce que tout le monde fait. Mais se baser sur la tradition et sur des impressions d’efficacité amène à une évaluation erronée de l’efficacité du traitement, et ceci n’est pas acceptable dans notre monde moderne.

M. Harris donne l’exemple des saignées qui ont été monnaie courante en médecine pendant plusieurs milliers d’années.

La saignée, pratique qui a débuté sans doute chez les Égyptiens ou Mésopotamiens, visait à purger le corps des humeurs corrompues ou à les équilibrer. Au Moyen âge, la « science » entourant la saignée devint très élaborée, décrivant quelle partie du corps devait être saignée, quelle journée de la semaine, en quelle saison, et quelle quantité devait être prélevée.

La saignée en est venue à être le traitement d’un grand nombre d’affections allant de la pneumonie, au cancer, en passant par le diabète et la jaunisse, en partie parce qu’il n’y avait aucune autre alternative valable. Une pratique semblable bénéficiait bien sur d’un puissant effet placebo : elle est invasive, drastique, douloureuse, spectaculaire et entourée d’une théorie élaborée.

Éventuellement, au 18e siècle, on en vint à douter de l’efficacité de la saignée. Un médecin français, Pierre Charles Alexandre Louis, se basant sur la méthode scientifique, publia un article qui concluait que la saignée était inefficace dans les cas de pneumonies. Il y eu un tollé de protestation provenant de gens qui « savaient » que c’était efficace et un article du American Academy of Sciences, en 1858, disait que les médecins « n’étaient pas prêts à délaisser une thérapie validée à la fois par la tradition et leur expérience personnelle à la lumière des chiffres de quelqu’un d’autre ».

C’est un peu la réaction que plusieurs médecins ont aujourd’hui lorsque confrontés à des études mettant en doute l’efficacité de leurs traitements. Ils préfèrent se baser sur la tradition et leurs observations personnelles, et et présument d’un lien de cause à effet là où il n’y en a pas.

Voici quelques uns des exemples donnés d’interventions qui ne sont pas supportées par des données scientifiques probantes :

La fusion lombaire :

La fusion de vertèbres est une intervention pratiquée régulièrement pour des troubles dégénératifs de la colonne lombaire (usure, arthrite, spondylose). Cependant, il y a bien peu de preuve de l’efficacité de cette intervention dans le soulagement de la douleur du dos.

La Césarienne :

Les taux de césarienne varient énormément entre différents hôpitaux, états et pays. Et ces taux augmentent significativement. Cependant, la césarienne semble être un de ces nombreux cas où les bénéfices sont surestimés et les risques sous-estimés. Le taux de césariennes au États-Unis est de plus de 30% alors qu’il n’était que de 5% en 1970.

Arthroscopie du genou

Une étude menée en 2013 a démontré qu’il n’y a pas de bénéfices à l’arthroscopie d’un genou arthritique ni au retrait d’un ménisque déchiré dans un genou non arthritique lorsque comparé à un placebo.

 

Je vous recommande la lecture du livre Surgery, The Ultimate Placebo: A surgeon Cuts Through the Evidence, de Yan Harris, et vous rappelle que l’acupuncture peut être envisagée pour le soulagement de vos douleurs avant de vous tourner vers des approches plus invasives.

Pour prendre rendez-vous ou en apprendre davantage sur ce que l’acupuncture, le massage tuina et la médecine chinoise peuvent faire pour vous, contactez nous ou prenez rendez-vous.

 

Sources :
Surgery, the Ultimate Placebo, de Ian Harris

The Sidney Morning Herald

The New England Journal of Medicine