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Un homme de 70 ans est venu me consulter en août dernier pour une douleur à l’arrière du genou qui dure depuis près de 3 ans. En fait, le patient m’avait consulté pour la même douleur deux ans plus tôt.

La douleur était apparue avant une crise de zona qui a touché le dermatome S1, qui couvre une partie de l’arrière de la cuisse, sensiblement la même zone où il ressentait sa douleur. Pendant la crise de zona, la douleur l’empêchait complètement de marcher.

Au moment de la première consultation, le patient a de la difficulté à marcher de longues distances. Il a de la douleur à l’arrière du genou et à l’arrière de la jambe. La douleur est plus forte lorsqu’il se relève de la position assise et il est incapable de fléchir le genou complètement. Le patient n’a pas de douleur au repos, mais en ressent à la marche. Il a également l’impression d’avoir la jambe faible et froide.

Mis à part cette douleur, le patient n’a pas d’autres problèmes de santé. Malgré son âge, il est en bonne santé générale et a opté pour une hygiène de vie saine en remplacement des statines prescrites par son médecin pour le cholestérol. Le seule symptôme notable est qu’il urine plus souvent la nuit depuis sa crise de zona, 8 mois plus tôt.

Lors du premier traitement, j’ai traité en acupuncture le méridien atteint selon la médecine traditionnelle chinoise. La semaine suivante, le patient rapportait une amélioration. Il pouvait se relever plus facilement, mais des douleurs à la hanche et l’incapacité à fléchir complètement le genou persistait. Au traitement par acupuncture, ont été ajoutés le massage tuina et les ventouses.

La semaine suivante, au troisième traitement, le patient rapportait encore de la douleur à la marche. La douleur originait de l’arrière du genou et irradiait vers le haut à l’arrière de la cuisse. Intrigué par la persistance des symptômes, j’ai fait quelques tests supplémentaires pour mieux comprendre pourquoi l’amélioration n’était pas plus importante. Le patient montrait une faiblesse marquée du muscle moyen fessier (démarche de Trendelenburg et abduction résistée de la hanche faible). De plus, nous avons identifié un point bien précis au creux poplité et une masse molle dans cette région.

La sensibilité à un point très précis au creux poplité et la masse qui était palpable, combiné aux caractéristiques de la douleur, m’ont amené à suspecter qu’il y avait un blocage au niveau de la circulation sanguine.

Derrière le genou, passe un vaisseau sanguin important, l’artère poplitée, qui amène le sang oxygéné vers la jambe et256px-Gray551 le pied. Cette artère peut parfois se retrouver compressée par les muscles qui l’entourent. Lorsque c’est le cas, la circulation sanguine sera diminuée et on peut s’attendre à des symptômes lorsque les muscles sont plus contractés (la marche) et qui diminuent ou disparaissent lorsque ces derniers sont relâchés. En médecine occidentale, on nomme ce problème le syndrome de compression de l’artère poplitée (PAES – Popliteal artery entrapment syndrome). En médecine chinoise, le problème est nommé selon le trajet du vaisseau ou méridien qui est touché.

Cependant, le patient n’a pas poursuivi ses traitements à ce moment. Il n’est revenu que deux ans plus tard, après avoir essayé d’autres approches sans succès.

Lorsqu’il s’est présenté à ma clinique en août 2018, les symptômes étaient sensiblement les mêmes. Il souffrait encore de douleurs à la marche et une faiblesse de la jambe. Le pouls à la cheville droite devenait difficilement perceptible lorsque le pied était fléchi (dorsiflexion), ce qui nous amène à suspecter une compression de vaisseau sanguin.

Les traitements ont visé à relâcher les tensions chroniques dans les muscles de la jambe en utilisant les points gâchettes et les points moteurs. Le premier traitement n’a apporté qu’une légère amélioration, mais après le deuxième traitement le patient était beaucoup mieux. Il ressentait cependant une faiblesse dans la jambe. Nous avons continué, en ajoutant un traitement pour stimuler la fonction du moyen fessier. Au quatrième traitement, le patient était beaucoup mieux. Il arrivait à marcher, monter et descendre les escaliers sans douleur. Il ne ressentait plus de fatigue et de faiblesse dans la jambe. Le patient était très enthousiasmé par l’amélioration et du fait de pouvoir marcher sans inconfort.

 

 

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